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Alberto Arecchi, Poésie, Groupe IV

Alberto Arecchi participe à la 7ᵉ édition du Concours International de Création Littéraire de Pavie, Italie, à l’âge de 78 ans. Avec tous nos remerciements pour cette participation et nos meilleurs vœux de succès.

BATOUQUE

Un rythme de tambours frappait l'air.
Les femmes battaient le rythme
dans les mortiers, sur le manioc.
Quand les tambours furent accordés,
une foule d'enfants entoura les musiciens,
en dansant sans arrêt.
Le soleil se couchait, les bruits du jour
cédaient face aux murmures de la nuit.

Les ombres se faisaient longues,
la lumière devenait rougeâtre.
Le rythme, comme un feu de braise,
sembla récupérer à la brise nocturne.
Maintenant c'était le rythme insistant
du tambour d’aisselle,
qui avait trouvé son ton et insistait,
dans une séquence de battements frénétiques.

Puis, le gros tambour,
battu avec la paume des mains,
et les garçons recommencèrent
à bouger, les pieds dans la poussière.
Dans la nuit, les voix métalliques résonnaient
des femmes du village.
Elles chantaient les ballades
des jours d’antan, quand les gens étaient libres.

Elles chantaient les héroïsmes
des rois et des marins,
qui affrontaient les hordes de lions
et les vagues de la mer.
Elles chantaient des histoires tristes
de guerre, de mort, d'émigration.
Ces voix gutturales, inquiétantes,
accompagnées des percussions,
semblaient arriver du fond des siècles…
C'était du batouque.


IMPOPULAIRE PARLER DE PAIX

Il n'est pas populaire de parler de paix
dans ce monde de missiles et de drones,
alors que chaque jour nous ne subissons
que des massacres et des carnages.

Il semble difficile de désirer la paix,
nous sommes peu nombreux
à la rechercher et à la construire,
aussi parce que « ce n'est pas digne d'intérêt ».

Nombreux sont ceux qui parlent de paix,
mais aucun des puissants
ne lève le petit doigt pour l'instaurer.

Nous voulons tous la paix,
mais seulement pour nos amis.
La véritable paix se construit
en accueillant les ennemis d'hier,
même nos colocataires querelleurs.

Et pourtant, j'espère
une paix véritable dans le monde.
Et sur ce point, malheureusement,
je me sens plus impuissant
que jamais.


PLUIE DE DIAMANTS

Il pleuvait des gouttes
aussi dures que des diamants.
Là où elles frappaient,
elles laissaient leur marque.
Les fenêtres furent brisées,
les tôles des toits furent brisées,
les parapluies furent troués
comme des passoires,
les toits des voitures ressemblaient
à d’énormes dés à coudre.
Un vent fort se leva, soufflant
dans toutes les directions
les fragments de ce qui avait été la ville.
Des feuilles de cahiers volaient
et des dossiers fiscaux,
comme des cerfs-volants,
dans un immense tourbillon.
Cela semblait être la fin du monde.
À ce stade, vous vous attendrez
que la grande poubelle
se transforme en quelque chose
de beau ou de terrible,
que des roses et des fleurs parfumées
flottent dans une musique céleste
sur les pentes de la colline artificielle.
Rien de tout cela, mes chers.
Ni la pluie de diamants, ni le vent libérateur
qui déchira la ville en lambeaux
n’a eu aucun effet
sur la colline contaminée
des ordures.
Pour référence future.
Ici la postérité fera ses fouilles
archéologiques, pour reconstruire
notre civilisation.
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