Georgiana-Nuria Mermeze participe à la 7ᵉ édition du Concours International de Création Littéraire de Oradea, Roumanie, à l’âge de 24 ans. Avec tous nos remerciements pour cette participation et nos meilleurs vœux de succès.
Le marchand de lumière
Dans un vieux port passait un marchand de lumière,
Qui gardait le soleil au fond d’une verrière,
Il vendait aux enfants des étoiles de satin,
Des morceaux de bonheur et des éclats de matin,
Pour chasser de leurs yeux la tristesse et l’hiver.
Son bateau naviguait sur des vagues de roses,
Et le vent lui contait mille histoires grandioses,
Les mouettes dessinaient des chemins dans le ciel,
Tandis que les poissons chantaient sous l’arc-en-ciel,
Et la mer dévoilait ses merveilles écloses.
Un soir, vint une enfant vêtue de solitude,
Son regard avait pris la couleur de l’inquiétude,
Elle murmura: « Monsieur, pouvez-vous m’apporter
Un rêve assez puissant pour ne plus regretter,
Et pour rendre à mon cœur son ancienne quiétude ? »
Le marchand lui donna, dans une boîte dorée,
Une graine de lune aux lueurs argentées,
« Plante-la dans ton âme et garde-la toujours,
Arrose-la d’espoir, de courage et d’amour,
Et tu verras fleurir une aube enchantée. »
L’enfant rentra chez elle au milieu de la nuit,
La graine, dans son cœur, doucement s’épanouit,
Elle devint bientôt une rose éclatante,
Puis une étoile immense, éternelle et brillante,
Qui transforma ses pleurs en un merveilleux fruit.
Alors elle offrit sa lumière au village,
Aux vieillards fatigués, aux enfants sans courage,
Elle sema des chants dans les chemins déserts,
Elle accrocha des fleurs aux fenêtres d’hiver,
Et peignit le bonheur sur chaque triste visage.
Le marchand repartit vers de lointains rivages,
Emportant dans son bateau des rêves sans âge,
Il savait désormais qu’un minuscule espoir
Peut changer le destin et vaincre le désespoir,
Quand il trouve un cœur pur pour devenir courage.
Et depuis, dans le port, lorsque descend le soir,
On raconte son nom comme une douce histoire,
Car la vraie lumière ne meurt jamais vraiment,
Elle passe de cœur en cœur, silencieusement,
Et transforme la nuit en promesse d’espoir.
La couturière des saisons
Au bout d’un ciel brodé d’or et de soie,
Vivait une couturière au doux visage de joie,
Elle cousait l’été dans les plis du matin,
Et cachait le printemps dans un ruban de satin,
Pour offrir à la Terre un manteau plein d’émoi.
Elle avait pour aiguilles des rayons de lumière,
Pour boutons des flocons tombés sur la rivière,
Elle taillait l’automne en velours flamboyant,
Et peignait chaque feuille d’un rouge étincelant,
Avant de la confier aux chansons de l’air.
Un jour, l’hiver arriva le visage glacé,
Son cœur était de pierre et son rire effacé,
Il dit: « Je suis lassé de régner sur le froid,
Je voudrais voir une rose s’épanouir pour moi,
Et sentir dans mon âme un soleil enlacé. »
La couturière prit une étoffe d’espérance,
Y traça des oiseaux, des rêves et des danses,
Elle y cousit un feu, un parfum de lilas,
Puis murmura tout bas : « Ce manteau te guérira,
Car l’amour sait fleurir au cœur du silence. »
L’hiver, enchanté, endossa le vêtement,
Et son souffle de givre s’apaisa doucement,
Des violettes naquirent au bord de ses chemins,
Les ruisseaux réveillés murmurèrent soudain,
Et la neige se changea en fleurs de diamant.
Alors il traversa les villages endormis,
Embrassant de soleil les jardins assombris,
Il offrit aux maisons des fenêtres de bonheur,
Aux enfants sans sourire une brassée de fleurs,
Et rendit leurs chansons aux oiseaux engourdis.
Depuis, chaque saison s’entremêle un peu aux autres,
L’hiver garde une rose au fond de son manteau,
L’été connaît parfois la douceur de la pluie,
L’automne offre au printemps ses feuilles et ses fruits,
Et le vent les réunit sous un même drapeau.
La couturière, encore, dans son palais de verre,
Recoud les jours blessés et les rêves de la Terre,
Elle sait qu’un fil d’or, lorsqu’il unit les cœurs,
Peut transformer la nuit en un jardin de fleurs,
Et faire de l’espoir la plus belle lumière.
Quand ton cœur parle au mien
Quand ton regard se pose au jardin de mes nuits,
Les étoiles s’éveillent et le silence s’enfuit,
Chaque ombre devient douce, chaque peur s’efface,
Et le temps se suspend dans l’éclat de ta grâce,
Comme un rêve d’amour que le ciel a construit.
Ta voix est une rivière au murmure léger,
Qui traverse mon âme et vient la protéger,
Elle y sème des roses, des saisons, des lumières,
Elle apaise mes hivers, mes doutes, mes prières,
Et m’apprend chaque jour à mieux t’admirer.
Je t’aime sans savoir où commence l’aurore,
Ni pourquoi ton absence est un pays qui dort,
Mais je sais que ton nom, lorsque mon cœur l’appelle,
Devient dans ma poitrine une chanson nouvelle,
Un soleil qui revient quand le ciel devient mort.
Si la vie nous conduisait sur des routes lointaines,
Je suivrais ton parfum à travers mille plaines,
Car l’amour véritable ignore les adieux,
Il traverse les mers, il interroge les cieux,
Et brise doucement les plus lourdes chaînes.
Je voudrais te donner les couleurs du matin,
Les secrets de la lune et le parfum du jasmin,
Te bâtir une maison aux fenêtres d’étoiles,
Où nos rêves danseraient sous de paisibles voiles,
Et chaque demain tiendrait notre main.
Même lorsque les jours se couvriront de pluie,
Je garderai ta lumière aux profondeurs de moi,
Car aimer, c’est rester quand le monde s’enfuit,
C’est choisir la tendresse au milieu de l’ennui,
Et refaire le chemin toujours en guette de toi.
Nos cœurs seront deux oiseaux sur le même horizon,
Deux notes réunies dans une seule chanson,
Deux flammes qui grandissent sans jamais se détruire,
Deux âmes qui se cherchent pour mieux se reconstruire,
Et changent chaque instant en douce floraison.
Aussi, quand le temps blanchira-t-il nos années,
Je t’aimerai encore comme aux premières journées,
Car l’amour qui demeure est plus fort que l’histoire,
Il garde dans ses mains la jeunesse et l’espoir,
Pour tisser de nos destins toute une éternité.

