Site icon Festival 4 Arts

Sebastien Rouchaud, Poésie, Groupe IV

Sebastien Rouchaud participe à la 7ᵉ édition du Concours International de Création Littéraire de Sainte-Opportune, France, à l’âge de 39 ans. Avec tous nos remerciements pour cette participation et nos meilleurs vœux de succès.

…D’AMOUR

Tu es ce vertige délicieux
Où je m’oublie sans lutter,
Une douce perdition
Au goût d’éternité.

Poisson des eaux profondes,
Tu m’attires, tu m’engloutis,
Et dans ton nirvana
Je m’abandonne, infiniment.

Somptueuse, troublante,
Libre comme un cheval au vent,
Tu déroges à tout
Sauf au désir qui pourrait nous consumer.

Phénix de mes nuits,
Tu brûles sous mes silences,
Et dans cette extase
Je renais en pensant à toi.

Rose ardente, lotus secret,
Tu es l’apogée de mes sens
Et j'espère ma plus belle chute.


PRISON

Menotté, tu arrives en convoi exceptionnel.
Ton ego déborde, ton regard toise les hommes avec un mépris presque insolent.
Tu te crois puissant, respecté, intouchable, promis à une grandeur que la rue admire.
Mais dès l’entrée, la fouille annonce la suite : le corps comprend avant l’esprit.

Le temps s’étire et les certitudes se fissurent.
Les masques tombent, les failles apparaissent, les alliances se créent pour mieux se trahir.
La violence, la ruse et le vice ne se cachent plus.
Et toi, tu t’accroches encore à l’idée qu’on t’attend dehors comme si rien n’avait changé.

Ton corps se forge dans la répétition, presque mécaniquement.
Mais ton esprit s’éveille enfin à l’absurde, à tes erreurs, aux injustices aussi.
L’orgueil finit par céder.
Tu descends de ton propre piédestal et tu commences à te regarder sans détour.

Puis les portes s’ouvrent.
Pas de lumière, pas d’accueil, seulement la rue et le silence.
Les porches deviennent des refuges, la pluie accompagne la solitude, et le passé revient sans cesse murmurer à ton oreille.
Ce n’était pas une fin. Juste une pause.

Alors il ne reste plus que deux chemins :
Fuir, disparaître, s’effacer du monde…
Ou replonger, reprendre un abonnement à l’enfermement.

À toi de choisir.


UN MURMURE…

Il me murmure l’un de ses poèmes, sa voix douce glissante sur ma peau, comme une caresse, douce et apaisante. Chaque mot nous envoute dans un drap de soie, doux et délicat. Comme s’il n’existait plus que nous.

Ses yeux se posent sur moi avec une tendresse infinie, un regard profondément romantique, chargé d’une passion silencieuse. Il n’y a plus de temps… seulement lui et moi ; comme ci le temps d’un temps, le temps prenait tout son temps. Et dans le bleu profond de ses iris, je me perds… je me noie lentement dans cet océan sans rivage, à mille lieux du monde, là où tout devient plus intense, plus vrai.

Seulement lui, doucement présent,
sa voix qui tremble et me reprend.
Et ce vertige, tendre et brûlant,
qui me soulève à chaque instant.
M’emporte ailleurs, hors du temps,
À mille lieux, doucement, lentement…
en me disant...

Exit mobile version