Concours de poésie

Sylvie Forveille, Poésie, Groupe IV

Sylvie Forveille participe à la 7ᵉ édition du Concours International de Création Littéraire de Saint-Berthevin, France, à l’âge de 67 ans. Avec tous nos remerciements pour cette participation et nos meilleurs vœux de succès.


GRANDIOSE


Sur mes paupières endormies où grandiose est mon réveil,
sur la lumière divinement blanche de l'aube où je me devine,
sur le mur d'adieux inutiles qui s'en vont vers l'oubli,
je me réveille.

Sur cet instant qui engendre la clarté,
sur le désordre parfait du quotidien,
sur cette pluie de confidences qui fuit ma conscience,
je me demande.

Sur la ligne de mes jeunes années qui me regardent flâner,
sur mes caprices aussi légers qu'une pluie d'été,
sur mon enfance qui chuchote encore,
je rêve.

Sur ma fragilité qui m'ignore lors de sa traversée à travers la magnificence du banal,
sur cette odeur de café qui remonte vers moi-même,
sur le quai de mes habitudes où l'éphémère frissonne,
je me cherche.

Sur ce petit quelque chose d'inquiet et de sauvage qui rêve en moi,
sur le frémissement du quotidien où je me perds trop souvent,
sur ce souvenir que rien ne dérange.
Je me rassure.


LA NUIT

Sur la nuit où perle une brume ensanglantée,
sur le halo de la lune qui éclaire le crépuscule,
sur l'illusion qui mûrit au-delà des silences,
je te respire.

Sur les ombres de la nuit médusée par le bizarre,
sur les étoiles qui frissonnent dans l'imaginaire,
sur mes incertitudes qui naissent dans la pénombre,
je te devine.

Sur ton manteau obscur où le demain devient
sur mon âge que le temps fuit,
sur les dernières lueurs qui tachent l'horizon,
je t'idéalise.

Sur l'encre séchée de ma page où s'endort un mot,
sur ma conscience endormie où rugit un instant,
sur le divin qui hante ma mélancolie,
je t'accepte.


Ma liberté

Sur ma conscience, tu t'endors chère liberté,
sur mes rêves tu vogues comme un bateau sur la mer,
sur ma page, tu t'évades n'importe où,
je vis pour toi.

Sur les étoiles, dans le ciel, tu dessines ta trace,
sur les routes, sur les toits tu signes ta présence,
sur mes envies, mes peurs que tu évites,
je t'invente pour moi.

Sur les murs où tu griffonnes n'importe quoi,
sur l'automne où tu encercles ses couleurs,
sur la nature où tu poses ton souffle,
je t'admire à l'infini.

Sur les façades de la raison que tu effaces,
sur le quotidien qui t'agace et que tu fuis,
sur mes imaginaires qui t'attendent toujours,
je vis pour toi.

Sur la forêt de ma création que tu encercles,
sur les mots qui se sentent envoûtés par ta force,
sur la page que tu déguises avec ta légèreté,
je t'invente.

Sur ton errance dans le temps,
sur ta folie qui va dans tous les sens,
sur ta ligne que je cherche pour me sentir bien,
je te ressemble tellement.

Sur mon envie d'écrire que tu défies,
sur l'encre séchée d'où tu t'échappes,
sur les mots que tu choisis et sur lesquels tu batifoles,
je t'accepte comme tu es.