Concours de poésie

Aléria Amata, Poésie, Groupe IV

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Aléria Amata, 32 ans, de Créteil, France, participe à la 6ᵉ édition du Concours International de Création Littéraire. Nous la remercions pour sa participation et lui adressons tous nos vœux de succès.

Au plafond

À mon corps défendant m’occupe un arachnide
Qui se sert de ma tête un peu comme un vaisseau,
Pour se faire un cocon dans cet espace vide,
Tandis que je m’agite au gré des soubresauts
De ce vil castelier esquissé par Ovide.

Me crochetant sans cesse, il poursuit son assaut
Tisse un à un les fils de ma déliquescence
M’empoisonne l’esprit, me fait paraître sot
Car sa toile s’étend et grandit mon absence.

Me voici pris au piège, pauvre pantin bouffon
Lysé par son venin, pillé de mon essence
C’est petit à petit que je touche le fond.

Que n’ai-je pas plus tôt trouvé l’insecticide
Pour déloger l’intrus qui squatte mon plafond !

À mon corps défendant m’occupe un arachnide.


Contestation amoureuse

L’amour de cupidon me frappa sans détour
D’effroi je rejetais tout de go l’entremise
De l’angelot zélé qui me joua un tour.

N’ayant, ô grand jamais, souhaitée être éprise
J’opposais à la flèche un absolu véto
Priant les mains au ciel pour qu’il y eut méprise.

Je ne veux pas savoir mon cœur dans un étau
Prisonnier d’un cachot dont je serais l’otage
Enchaînée impuissante à des amours létaux.

Il me faut instamment sortir de cette cage,
Etudier la serrure et en trouver la clé,
Pour vite m’affranchir de ce vil esclavage.

J’engage mon honneur dans ce baroud musclé
Pour repousser l’assaut, rejeter l’arbitraire,
L’état frileux auquel j’ai toujours renâclé

De l’oukase amoureux je suis contestataire.


Le bonheur est dans la tasse

Mon âme fatiguée s’enivre au petit jour
Quand ma main, à tâtons, plongeant aux creux des fèves
Les caresse, amoureuse, en leur soufflant bonjour
Pour mieux en prélever l’inestimable sève.

Dans le percolateur le tintement des grains
S’élève en symphonie me cajole l’oreille
Provoquant un désir qui ronronne à mes reins
Fait frissonner ma peau, promesse de merveilles.

Alors que coule enfin cet élixir brûlant
Dont l’arôme corsé chatouille mes narines
Mon corps las et groggy attend son stimulant
L’explosion des sens, sa nitroglycérine.

Puis lorsque dans ma bouche abonde cet or noir
Quand la première goutte effleure enfin ma langue
La caféine explose et fournit jusqu’au soir
Un baume de plaisir sur ma carcasse exsangue.