
To read this content, please use the ‘Google Translate’ widget to request a translation.
Ayana Hersent, 17 ans, de Duerne, France, participe à la 6ᵉ édition du Concours International de Création Littéraire. Nous la remercions pour sa participation et lui adressons tous nos vœux de succès.
Poème 1 : Les gens de l'ombre
Pourquoi c'est si compliqué
Pourquoi la guerre a commencé
Ces mêmes questions qui tournent et qui reviennent
Dans mes pensées, qui vont qui viennent.
Je connais des gens, pas loin d'ici
Pas différents, justes étrangers
Je connais des gens, des rescapés
Des victimes inconnues, des humains ignorés.
Ils sont ici et là, présents et absents
Dans le cœur de certains,
Dans la tête d'autres gens.
Ils jouent au foot, ne demandent rien
Juste un bout d'terre, des orangers
Un asile et un droit d'exister.
Mais ils sont loin alors on y pense pas
On va faire les courses, et on vit notre vie
On rentre on allume la télé, ça tire en Syrie.
Parfois on voudrait faire entendre notre voix
Montrer qu'on est là
Mais se taire est parfois la meilleure des révoltes, comme un cri
Alors j'écris aujourd'hui pour des amis,
Des frères de cœur des insoumis
On peut pas imaginer c'que ça fait
D'attendre pour un visa
En espérant que là-bas
Les balles voleront moins près
On peut pas imaginer c'que ça fait
De devoir se taire pour sa vie
Partir et courir dans la nuit
Vers un avenir qui disparaît.
Mais moi j'l'accepte pas
Cette injustice aux yeux fermés
Et moi j'veux m'battre contre ça,
Contre des libertés réprimées
Mais je sais pas quoi faire
Alors je regarde, les yeux ouverts
Notre monde qui s'accélère.
Je pense à eux,
Les gens de l'ombre
Je pense à eux
D'vant un ciel sombre
Et j' me dis
Quand tout va mal
Qu'ils sont debout
Dans la bataille.
Poème 2 : Poésie capturée
Je marchais dans la rue
Sans but quand j'aperçus
Que les gens autour de moi
Avant chacun une histoire, un mantra.
Je suis debout au milieu des gens
Je vais l'focus sur des passants
Y a cette vieille dame avec son chien
Pas eu une vie facile pourtant guerrière
Vécu la guerre vécu pour rien
sous les bombes c'était hier.
Et puis y a un jeune homme
Qui lit un livre sur un banc
Rêveur silencieux comme
S'il rêvait en noir et blanc.
Je tourne la tête pour regarder
Une femme marcher, le regard sombre
Hantée pas son passé
Une enfance sous les décombres.
Sur le trottoir y a un homme âgé
Épaules courbées et mains caleuses
Il connaît les machines les chantiers
Les immeubles, parois poreuses.
Je suis debout au milieu des gens
Je fais l'focus sur des passants
Et j'pose des vers sur le pavé
Poésie capturée.
Poème 3 : Une femme invisible
Sara y pense souvent
Quand elle est dans le noir
A tout ce qu'on lui prend
Ce qu'elle voit dans le miroir
Ce qu'on lui promet, qu'on lui fait miroiter
Cette liberté sans barrière
Cette liberté de penser
Comme un espoir sans frontières
Un aller simple rêvé
Sans retour en arrière
Une liberté touchée.
Dans la peur éternelle
Elle ne ferme pas les yeux
Les mêmes qui ont vu le feu
Et perdus leur prunelle.
Elle pense toute la nuit
Aux cris et aux ennemis
Aux larmes et à l'envie
De courir pour sa vie.
On lui avait dit
Tu seras bien ici
Tu pourras étudier
Apprendre à t'exprimer
Mais cette belle liberté
On lui a enlevé
Une bombe en floraison
Sa liberté d'expression.
Et elle regarde tous les soirs
Les étoiles dans le noir
Un cri inaudible
Une femme invisible.
Dans son regard et ses paroles
Il y d'l'espoir elle est pas folle
Elle travaille pour demain
Pour la génération qui s'éteint.
Alors Sara se fait discrète
Mais au fond d'elle elle manifeste
Pour ses droits, ses libertés
Ce sentiment d'exister.
Pour se vêtir et même parler
Pour pouvoir sortir et chanter
Pour écrire et enfin crier
Une déclaration dévoilée.
Sara se lève, c'est le matin
Dans le ciel la lune s'éteint
Un autre jour, autre poème
Un œil nouveau, l'espoir se sème.
Categories: Concours de poésie










