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Viktoria Laurent, 44 ans, de Paris, France, participe à la 6ᵉ édition du Concours International de Création Littéraire. Nous la remercions pour sa participation et lui adressons tous nos vœux de succès.
Femme
Si je te dis femme,
Tu me réponds : rêve,
Un chemin dans le brouillard des souvenirs.
Si je te dis trêve,
Tu réponds : le corps enlacé d’un être aimé,
Une tête posée contre le creux d’une épaule,
Dans le silence d’une respiration.
Si je te dis force,
Tu me montres les piliers des cuisses,
Ces titans soutenant une cathédrale,
Un regard qui fend les ombres de l’injustice.
Si je te dis beauté,
Tu me parles de sourires qui éclairent les tempêtes,
D’une âme qui danse au gré des courants d’air.
Si je te dis douleur,
Tu poses les mains sur les cicatrices gravées en silence.
La douceur de ta voix écarte les murmures nocturnes.
Souvent à terre, tu te relèves, toujours plus haute.
Si je te dis élévation,
Tu ouvres des ailes invisibles,
Et dans ton vol, tu inspires le monde entier.
Tu es la ligne d’horizon,
Le vent libre qui souffle sur les chaînes des montagnes.
Femme, tu es mille vies en une seule,
Mille phrases en un mot,
Un point de départ que nul ne peut freiner,
Tu es la promesse d’un monde à réinventer.
Force d’un chant
Semer des notes
Dans les cordes
D’une guitare.
Pour un morceau
Tout en soupirs
Et pleurs,
Des tirades de voix.
Un chant infini
De cordes vocales
En coquelicots.
Au bord d’un sentier
Rouges de fragilité.
Les voix dansent
Sur un bleu azur,
Les amas de blancs
Montés en neige
Fondent sous les pupilles.
Des soldats fiers
Vibrant en commun,
Une voix, un corps.
L’étau de maîtrise
Qui sert,
Sert la poitrine
Jusqu’à puiser une larme
D’émoi.
Gardien
Le sol tremble.
Le ciel est gris et froid,
Le reflet de la truffe humide
D’un chien.
L’air vibre
Et la terre masse doucement
La plante de mes pieds.
Les arbres oscillent,
L’herbe soupire,
Les genoux s’entrechoquent.
Si je meurs écrasé
Par des pneus de tracteurs
Affamés de destruction,
Peu importe.
Piétiné par une foule
Salvatrice aveuglée,
Peu importe.
Mon sang rejoindra ton flot,
Abreuvera des racines,
Renaîtra dans l’espace
Plus loin.
À l’abri de cette folie
Destructrice de l’esprit.
Le bitume ne
Ne m’engloutira pas !
Mais toi. Toi !
Qu’est-ce qui adviendra
De ton eau ?
On entravera ta coulée.
Dirigera ton courant
Vers les gosiers infâmes.
On t’asséchera avant
D’aller épuiser d’autres sources.
Avant de comprendre
Que tu étais la dernière.
Chut !
Les premières pelleteuses
Arrivent.
Categories: Concours de poésie










