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Régis Turlin participe à la section „Contes pour enfants” du Concours International de Création Littéraire, 5ème Édition, à Montbrison, France et a 55 ans. Nous le remercions pour sa participation et lui souhaitons du succès.

Le texte envoyé par M. Régis Turlin est beaucoup plus édité que nous pourrions le faire. Donc, si vous souhaitez lire l’original, téléchargez le fichier :
Le lecteur imprudent...
(sur la route du Petit Chaperon rouge)
d’après les frères Grimm et Charles Perrault
- 1 -
Le héros
Un jour, alors que je dévorais « Le Petit Chaperon rouge » au moins pour la dixième fois, j'ai bien cru que la fillette m'adressait la parole. Elle m'a souhaité le bonjour, m'a parlé de sa grand-mère… comme si j’étais un personnage de l'histoire.
« – Mais enfin, c'est absurde ! m'écriai-je comme en me réveillant. J'ai lu beaucoup de livres avant de te rencontrer et je ne suis jamais entré dans leur histoire, même avec beaucoup d'imagination !
– Et bien tu as perdu beaucoup de temps. Tu devrais les relire. »
Je refermai le livre. Est-ce que j’avais rêvé ?
Je le rouvris et entrai à la première page...
« Il était une fois une adorable petite fille que tout le monde aimait rien qu’à la voir, et plus que tous, sa grand-mère, qui ne savait que faire ni que donner comme cadeaux à l’enfant. Une fois, elle lui donna un petit chaperon de velours rouge et la fillette le trouva si joli, il lui allait si bien, qu’elle ne voulut plus porter autre chose et qu’on ne l’appela plus que le Petit Chaperon rouge.[...]
Je n’en croyais pas mes yeux, elle se tenait là en personne devant moi !
- Et bien, tu as trouvé le chemin...
J'étais stupéfait d'entendre un personnage de livre. Est-ce que je rêvais encore ? Je n’eus pas le temps de reprendre mes esprits.
« Un jour, sa mère lui dit :
– Tiens, Petit Chaperon rouge, voici un morceau de gâteau et une bouteille de vin : tu iras les porter à ta grand-mère; elle est malade et affaiblie, et elle va bien se régaler. Fais vite, avant qu'il fasse trop chaud. Et sois bien sage en chemin, et ne va pas sauter de droite et de gauche... »
Comme je connaissais la suite, je partis l'attendre à l’entrée du bois sans crainte de me perdre. Peu après, une créature étrange s’approcha et m'adressa la parole :
– Je te souhaite le bonjour, Petit Chaperon rouge...
Je faillis éclater de rire. C'était donc lui ce loup si terrifiant ? !
- Dis loup, tu trouves que je ressemble à un petit chaperon ?
On entendit alors les pas de la petite fille qui approchait. Dès qu'il l'aperçut, le loup reprit sa rengaine :
– Je te souhaite le bonjour, Petit Chaperon rouge...
– Merci à toi, et bonjour aussi, loup.
– Où vas-tu, si matin, Petit Chaperon rouge ?
– Chez grand-mère.
– Et que portes-tu sous ton tablier, dis-moi ?
Je n’en revenais pas ! Ils se parlaient comme si c’était la première fois.
– Du gâteau et du vin. Grand-mère, malade et faible, en sera réconfortée.
– Et où habite-t-elle, ta grand-mère, Petit Chaperon rouge ? demanda le loup [...]
J’intervins :
– Pourquoi veux-tu le savoir, loup ?
– C'est par-delà le moulin que vous voyez tout là-bas, là-bas, à la première maison du Village, reprit le Petit Chaperon rouge. [...]
Ils faisaient comme si je n’existais pas !
– Bon, bon, très bien, dites ce que vous avez à vous dire; je vais faire un tour. Et j'ajoutai un peu moqueur : « De toute façon je sais ce qui va se passer ».
Mais eux avaient déjà repris.
[…] – Eh bien, dit le Loup, je veux l'aller voir aussi ; je m'y en vais par ce chemin ici, et toi par ce chemin-là, et nous verrons qui plus tôt y sera. »
Évidement, je connaissais tout cela par cœur. Quel ennui ! Je n'étais pas venu pour me croiser les bras, et le laisser dévorer grand-mère et chaperon. Qu’ils le veuillent ou non, avec moi cette histoire finirait autrement.
Si je retardais le loup, et que la fillette arrive la première chez sa grand-mère, que se passerait-il ? Elles me remercieraient de les avoir sauvées, et je serais le héros, voilà tout. J'imaginais déjà mon arrivée triomphale chez la vieille dame, refermant la porte en m’écriant :
« Madame n'ayez plus peur, grâce à moi vous avez échappé au loup ! »
et l'histoire s'arrêtant là.
En route !
- 2 -
Le loup
Quand ils se furent séparés, je courus me cacher derrière un arbre pour guetter le loup. Mon cœur battait la chamade. Dès qu'il approcha, je bondis en travers du chemin. Il s'immobilisa. Je rassemblai mes souvenirs d'école pour le retenir :
« – Vois ces jolies fleurs dans le sous-bois, comment se fait-il que tu ne les regardes même pas, loup ? Et les oiseaux, on dirait que tu ne les entends pas chanter ! Tu marches droit devant toi comme si tu allais à l’école, alors que la forêt est si jolie ! »
Hélas, l'animal était rusé. Il ne montra aucune envie de s'attarder pour cueillir des fleurs, « il allait voir grand-mère qui était malade et bien faible ».
– Tiens, tiens… je veux l'aller voir moi aussi. Faisons route ensemble, veux-tu ?
Et le menant de droite et de gauche, je fis autant de détours que je pus.
Malencontreusement, notre chemin croisa encore celui du petit Chaperon rouge. Le loup se précipita vers elle :
– Vois ces jolies fleurs dans le sous-bois, comment se fait-il que tu ne les regardes même pas, Petit Chaperon rouge ? Et les oiseaux...
Malheur à moi, j’avais donné le mauvais exemple !
– Ne mens pas loup ! Tu te moques bien des fleurs et des oiseaux. La vérité, c'est que tu veux dévorer la grand-mère tout cru et le Petit Chaperon avec !
– Quoi ? Qu'est-ce que c'est que cette histoire !? s'écria la fillette horrifiée; Loup... C'est vrai ?
Il resta muet comme s’il était changé en pierre. Elle tomba au pied d'un arbre, l'air abattue.
– C'était donc ça... murmura-t-elle, tu voulais me dévorer tout cru ?
Une fois encore il se tut.
J'essayai de la réconforter :
– Tu sais, ce n’est pas vraiment de sa faute, c’est un loup. Et les loups ne savent faire que ça.
– Je ne peux donc pas lui échapper ?
– Si, mais ne te mets plus en retard ! Cours vite chez ta grand-mère, et surtout n’ouvrez à personne.
– Et lui ? ajouta-t-elle en direction de l'animal.
– Ne t'en fais pas... je vais le chasser d’ici. Tu ne le croiseras plus. Je te le promets.
– Et bien je ne joue plus ! déclara-t-elle à l'intention du loup. Et se relevant elle partit d'un pas décidé.
A moi de jouer. Je me retournai vers lui :
– Tu es fier de toi ?
Il ne bougea pas.
– A-t-on idée d’attaquer un Petit Chaperon et une grand-mère sans défense ? Tu ferais mieux de dévorer des livres.
Il répondit qu’il n'en avais jamais mangé, et je me mis à rire.
– Et bien tu devrais essayer ! Peut être que tu rêverais d’autre chose que de cette vie d’assassin.
Il resta silencieux et je décidai de l'écarter de mon chemin une bonne fois pour toutes :
« Écoute-moi loup, ça ne sert à rien de rester là. Nous n'avons plus rien à nous dire. Et le Petit Chaperon ne veut plus jouer avec toi. Désormais nos chemins se séparent. En tout cas je te le souhaite ! Car vois-tu, je suis venu ici pour chasser. Oui, tu as bien entendu, je suis chasseur. En somme, nous faisons un peu le même métier tous les deux… Alors tu vas rentrer chez toi, dis-je en montrant la direction opposée au village, et moi, je suivrai ma route. »
Obéirait-il ?
Je le laissai là et courus au chemin le plus court.
- 3 -
Qui est là ?
Malheureusement je m’égarai vite dans le sous-bois. Si le loup reprenait la course, il arriverait avant moi chez la grand-mère.
Je débouchai dans une clairière où la jeune fille s’amusait. Je n’en croyais pas mes yeux : cette flâneuse cueillait des fleurs, de ci, de là, comme si de rien n’était.
– Que fais-tu ici ? Tu devrais déjà être chez ta grand-mère ! As-tu oublié que le loup veut vous dévorer ?
Elle devint toute rouge et bredouilla. Je m’en voulus de ma brusquerie.
– Tout est de ma faute, je n’aurais jamais dû parler de ces maudites fleurs.
Décidément, elle ne changerait jamais. C’était à moi de prévenir la grand-mère avant l’arrivée du loup. Je repartis en espérant qu’il ne soit pas trop tard. Par chance, j’arrivai vite en vue du moulin, et bientôt devant sa porte. Je fus rassuré de la trouver fermée : le loup n’était pas là. Mais comment entrer ?
Si je pénétrais sans prévenir cela effraierait la vieille dame, mais si je m’annonçais, me laisserait-elle entrer ? Je n’avais pas le choix. Je me ferais passer pour le petit chaperon, et une fois dedans je la rassurerais.
Toc Toc
– Qui est là ?
– C’est votre fille, le Petit Chaperon rouge, dis-je en contrefaisant sa voix, qui vous apporte du gâteau et du vin que ma Mère vous envoie. Ouvrez.
La bonne grand-mère cria qu’elle était trop faible et ne pouvait se lever.
– Tire la chevillette, la bobinette cherra.
La porte s’ouvrit et j’entrai. A peine eus-je fermé qu’elle se dressa dans son lit :
– Qui êtes-vous ?
– Écoutez madame, je suis là pour vous aider. Vous êtes en grand danger ! Le loup court en ce moment à travers bois pour vous attraper. S'il arrive ici, il ne fera qu'une seule bouchée de vous et de votre petite fille.
– Je ne le laisserai jamais entrer.
– L'animal est rusé. Il en a dévoré plus d'une qui se croyait à l'abri ! Vous m’avez bien laissé entrer, moi.
Elle devint toute pâle...
Toc Toc
Sans réfléchir, je bondis à ses côtés, et remontai la couverture.
– Qu’est-ce que je vous avais dit ? lançai-je à mi-voix. Dites lui d’entrer, et qu’on en finisse…
Je me préparai à sauter sur l’agresseur, le cœur battant, mais elle ne prononça pas un mot. Je regardai de son côté : horreur ! La pauvre dame s’était évanouie, et gisait comme morte sous sa couverture. Qu’avais-je fait ?
J’arrachai son bonnet de nuit et m’en couvris la tête. Puis adoucissant un peu ma voix, je criai :
– Qui est là ?
– C’est votre fille, le Petit Chaperon rouge, qui vous vous apporte du gâteau et du vin que ma Mère vous envoie. Ouvrez.
Ah le bandit… On aurait vraiment cru la voix de la fillette.
– Tire la chevillette, la bobinette cherra.
La porte s’entrouvrit... et j’entendis les pas du Chaperon Rouge, qui s’avançait doucement.
Je n’y comprenais rien. Où était le loup ?
– Euh… pose la bouteille et le gâteau sur la huche.
– Oh ! grand-mère, comme vous avez de grands yeux.
– Tu ne me reconnais pas ? dis-je en jetant le bonnet. Viens te cacher, le loup est bientôt là !
Elle sursauta en poussant un cri. Alors la porte s’ouvrit d’un coup, l’assommant presque contre le mur. Son chaperon vola et je vis un énorme fusil s’appro...
– Ah ! Te voilà bandit ! Il y a bien longtemps que je te cherche… dit le chasseur qui avait entendu du bruit, et était entré dans la maison.
Il allait faire feu, quand il songea que la vieille dame n’était peut-être pas morte, et qu’il serait encore temps de la sauver.
Il posa son fusil... et peu après le Petit Chaperon rouge sauta au milieu de la pièce en s’écriant : Ah ! Comme j’ai eu peur ! Et bientôt après, apparut aussi la vieille grand-mère, mais c’était à peine si elle pouvait encore respirer.
Le petit Chaperon rouge ramassa vite de grosse pierres dont ils chargèrent l’intrus, au point qu’il allait éclater. Quand il revint à lui il voulut sauter à bas du lit, mais les pierres lui pesaient tant sur l’estomac qu’aussitôt il retomba :il était mort.
Tous trois se sentirent bien joyeux ; le chasseur dépouilla le compère et rentra chez lui ; la grand-mère mangea le gâteau et but le vin que le petit Chaperon avait apportés, et elle retrouva ses forces ; mais le petit Chaperon rouge se dit :
« De ta vie tu ne t’écarteras plus de ta route pour courir dans le bois, quand ta mère te l’aura défendu. »
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