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Diana Maria Crețoiu, 17 ans, de Moreni, Dâmbovița, Roumanie, participe à la 6ᵉ édition du Concours International de Création Littéraire. Elle est encadrée par la professeure Constanța Diaconu, du Collège National Ion Luca Caragiale de Moreni. Nous la remercions pour sa participation et lui adressons tous nos vœux de succès.
La dernière boîte
Tout le monde naît avec des boîtes. De petites boîtes invisibles, quelque part dans le cœur ou dans l’âme, personne ne sait vraiment. Certains en ont dix, d’autres cent. Mais personne ne peut les ouvrir. Chaque boîte contient un souvenir, une douleur, une vérité, un secret. La vie, c’est apprendre à avancer sans jamais savoir ce qu’il y a dans ces boîtes. Et pourtant, parfois, une boîte s’ouvre toute seule. Quand on perd quelqu’un. Quand on se perd soi-même. Moi, j’ai tout fait pour les garder fermées. Jusqu’à la dernière. Celle que je n’aurais jamais dû ouvrir.
La première boîte s’est ouvert un matin de pluie. J’étais seule, dans ma chambre et le monde semblait fou, comme si quelqu’un avait effacé les contours. À l’intérieur, il y avait une voix. La mienne, plus jeune. Elle pleurait. Je ne peux plus me souvenir pourquoi. La deuxième boîte contenait une odeur. Celle du vieux manteau de mon père. Celle du silence après ses emportements. La troisième…Je ne veux pas parler de cette boîte. Elle était remplie d’un froid que je n’ai jamais pu réchauffer.
Les boîtes s’ouvraient, sans prévenir. Certaines me faisaient sourire. D’autres me déchiraient. Une par une, elles me forçaient à me souvenir, à ressentir tout.
Puis, un jour, je me suis retrouvée devant la dernière. Elle était noire, lisse et plus grande que les autres. Elle respirait, elle me regardait. J’ai hésité. J’avais peur. J’ai pris mon courage à deux mains et j’ai tourné la clé. J’ai vu moi-même à l’intérieur. Pas le moi d’aujourd’hui. Pas celui qui parle, qui sourit pour les autres. Non. Celui que j’ai abandonné quand j’ai voulu devenir forte, ordinaire, acceptée. Elle m’a tendu la main. Je l’ai prise et pour la première fois, depuis des années, j’ai pleuré sans honte.
Soudain, toutes les autres boîtes ont disparu. Il ne restait que celle-là. La mienne. Moi.
Categories: Concours de prose










