Tsvetelina Manova participe à la 7ᵉ édition du Concours International de Création Littéraire de Varna, Bulgarie, à l’âge de 41 ans. Avec tous nos remerciements pour cette participation et nos meilleurs vœux de succès.
La liberté en pleurs
J'ai rêvé d'un monde de toutes les couleurs.
Jean-Michel Caradec
La liberté, tu sais, n’a point de prix et n’a point de couleur
Il n’y a que le sang qui justifie les moyens. Et seule la
Bêtise des gens nous reste impénétrable… Tu sais, il faut
Eradiquer les mauvaises habitudes et les mauvaises herbes pour
Retourner au ciel. Un jour… quand nous serons des oiseaux. Puis
Tes yeux, ta bouche, tes mains dont j’ai si faim…
Et ils diront qu’ils sont réservés aux seins de ces femmes dont
On a vu des milliers mais qui ne voient jamais rien
Un jour, un soir, je chanterai ma peine à poil devant les miroirs des Autres
Mais pas ce jour et pas ce soir car
On a tout notre temps pour devenir des Anarchistes ou
Rester à genoux par peur de vivre notre vie. Pourtant
Tu sais… La liberté n’a point de prix.
Envole-moi
N’oublie pas que le jour
Où tu enchaînes la Colombe,
Tu la tues
Que j’ai sans doute été créée pour Toi
Mais pour t’aimer, non pas pour t’appartenir
Que mon corps épouse les courbes de la Terre
Mais que mon âme aspire toujours
Vers les étoiles
Que je suis le Jour et la Nuit
La Force et la Douceur
Que la flamme qui m’anime peut être une chaleur
Ou une brûlure
Que l’eau dans mes yeux peut pleurer
Ou pleuvoir
Mais qu’elle pourrait aussi
Te noyer
Alors au-delà de mes mots
Au-delà de mes silences
Au-delà de tout ce qui se voit
Ne me cherche pas
N’essaie pas de nommer
Ce qui n’a pas de Nom
N’oublie pas que le plus beau, c’est d’appartenir
Mais sans comprendre, sans emprisonner
Alors, si jamais tu m’as vraiment connue
Si jamais tu m’as vraiment aimée
Au lieu de me couper les ailes
Envole-moi.
Respire
Respire… Tandis que dehors le monde se divertit
Tandis que dehors le monde se dégrade
Lorsque les hommes marchent en quête d’argent
En quête de sens, en quête de rien
Tandis que le ciel pleure et la vie se meurt
Respire. Parce que tu sais, ce qui m’inspire
C’est juste de contempler tes yeux
Le soir, lorsque tu enlèves tes vêtements
Le soir, lorsque tu enlèves ton masque
Puisque tu sais, elle tourne
La grande roue du temps. Elle tourne
Et écrase
Ton cœur et le mien, tes pleurs et les miens
Elle en fait de la poussière
Dans le vent.
Respire. Car le pire,
C’est de se laisser étouffer
Par les on-dit, par les on-ne-dit-rien
Cet air qui nous libère, cet air qui nous tue
Respirons-le
Jusque ce qu’il nous brise
Les poumons.
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