Concours de prose

Luisa-Maria Chis, Prose Courte, Groupe II

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Luisa-Maria Chis participe au Concours International de Création Littéraire, 3ème édition, de Ploiești, comté de Prahova, Roumanie et a 16 ans. Elle est étudiante au Collège National « Ion Luca Caragiale » à Ploiești et est guidée par le professeur Mihaela Moisescu. Nous le remercions pour sa participation et lui souhaitons plein succès.

Diploma
                                                                                               Le sourire

         Je t'ai vu pour la première fois quand j'étais un sourire et je me suis assis sur tes lèvres pour te rendre heureux. A ce moment-là, je ne savais pas ce que cela signifiait se sentir comme un être humain. Ma première vie a été celle d'un sourire cristallin puis j'ai vécu avec tant de monde.
         Les choses dont je me souviens datent depuis longtemps, ce qu'on ne raconte aujourd'hui que dans les livres d'histoire, mais j'ai connu des gens considérés comme des génies.Que suis-je sinon le bonheur de toutes les personnes sur le visage desquelles j'apparais sous la forme d'un sourire ?  Les gens ne sont-ils pas la somme de tous les moments qu'ils m'ont rencontrés sans même s'en rendre compte ?
         J'ai traversé des endroits que personne ne rêve d'atteindre, j'étais le sourire de Gioconda,en faisant partie, sans le savoir, de l'un des tableaux rendus célèbres par le mystère derrière son sourire . Je me suis attardé sur les lèvres de tant de personnes avec des histoires incroyables, car un sourire peut, sans aucun doute, changer le cours de l'histoire.L'amour d'un empereur incrusté dans la pierre, Taj Mahal, est la preuve de la puissance d'un sourire, d'un amour commencé, comme toute histoire, par le bonheur qui unit deux êtres.Une femme qui n'a pas reçu de cadeau, mais un edifice, car c'était le seul que l'empereur jugeait digne de leur amour.
         Mais j'ai vu aussi  des gens ordinaires, mais charmants par la façon dont ils m'ont trouvé.L'une des personnes qui m'ont rencontré était une dame qui m'avait oublié dans ses soucis, m'avait perdu quelque part au milieu des ennuis et ne savait pas comment revenir vers moi. Elle n'a pas osé me chercher jusqu'à ce qu'elle a vu dans le miroir que le temps passait et que mes cheveux n'étaient plus de la même couleur qu'avant. La jeunesse tremblait comme des cheveux noirs qui, avant de s’en rendre compte, étaient devenus blancs. Elle m'a trouvé sur un banc dans le parc, un jour de printemps où les fleurs des arbres sentaient le bonheur. Elle m'a trouvé à l'intérieur d'elle, parmi les souvenirs et les passages de l'histoire de sa vie.
        J'ai alors été obligé de passer à autre chose, d'aller vers quelqu'un d'autre, d'être doué, multiplié. Je voulais visiter le monde parce que je ne savais pas ce que je cherchais ni ce que je pouvais trouver.
J'ai adoré chaque histoire parce que dans chacune j'ai trouvé au moins une goutte d'amour, je suis devenu ami avec les larmes qui accompagnent les belles histoires et avec les serviettes tachées par elles. J'ai toujours senti que j'étais un élément important, j'ai toujours voulu apparaître, être mis en lumière.
        Tu étais le dernier, avant que j’ai changé la forme je t’ai rendu visite et je ne savais pas jusqu’alors que je te cherchais dans tout mon voyage. Sans doute tu étais celui que je voulais trouver à la fin.  C’était toi parce que j’ai vu tes blessures avant de te voir, et pourtant je t’ai aimé. Cette forme ne m’a pas seulement montré les belles parties, elle ne m’a pas éloigné des dures vérités, j’étais un sourire parce que je savais comment m’entendre avec les larmes, comment les convaincre de partir ou de couler avec bonheur. J’étais sur tes lèvres et je me suis convaincu que mon but était arrivé à sa fin, que nous cherchions tous une maison. Nous faisons tous de grandes choses, construisons des édifices par amour ou écrivons des livres à ceux que nous adorons, faisons tout cela pour eux, mais également pour nous-mêmes. Nous savons que nous voulons y parvenir, mais en fin de compte, notre but est de trouver un endroit. 
        Je ne sais pas comment je suis devenu un sourire, quand mon voyage se termine et comment mon histoire va continuer. Maintenant, parce que je sens que je suis arrivé à la fin, je veux avoir mon propre sourire qui me fait me sentir spécial et qui portera ma mémoire depuis ce moment-là.
        Le sourire c’est moi, je suis quelque chose que peu de gens connaissent ou ont eu la chance de rencontrer en tout temps. Mais je connais en détail ceux que j’ai accompagnés tout au long de ma vie, ceux qui m’ont porté consciencieusement même quand c’était difficile. Je n’appartiens pas seulement aux heureux, mais j’apparais seulement à ceux assez forts, qui en admettent leur fragilité et leur impuissance, ont le courage de sourire face aux difficultés.